“L’intervention des forces de l’ordre pour dĂ©bloquer l’accès au port et Ă la ville de Sidi Ifni, a eu lieu après que tous les moyens pour trouver une solution rĂ©aliste et raisonnable Ă cette situation, aient Ă©tĂ© Ă©puisĂ©s”. C’est en ces termes que Chakib Benmoussa, Ministre de l’IntĂ©rieur, a justifiĂ© l’intervention musclĂ©e de la police, samedi dernier Ă Sidi Ifni.
Le Ministre, qui rĂ©pondait Ă une question Ă la Chambre des reprĂ©sentants, a indiquĂ© que cette intervention a Ă©tĂ© reportĂ©e de 24 h Ă la demande des Ă©lus et des notables qui ont demandĂ© un temps supplĂ©mentaire pour entreprendre de nouvelles initiatives de dialogue qui ont Ă©tĂ© vouĂ©es Ă l’Ă©chec devant la persistance des protestataires Ă poursuivre leur mouvement qui a troublĂ© l’ordre public.
M. Benmoussa a ajoutĂ© que les autoritĂ©s publiques n’avaient plus d’autre choix que d’assumer leurs responsabilitĂ©s pour un retour Ă la normale Ă travers l’intervention des forces publiques, et ce après l’Ă©chec du dialogue et des mĂ©diations pour convaincre les protestataires de mettre un terme Ă leurs actes et devant les dangers environnementaux qui commencent Ă menacer la ville.
Selon le Ministre, les manifestants ont Ă©tĂ© avisĂ©s de la dĂ©termination des forces publiques Ă intervenir ainsi que de la date de cette intervention qui Ă©tait connue de l’ensemble de la population, ajoutant qu’au lieu d’obtempĂ©rer, les protestataires ont persistĂ© et mĂŞme incitĂ© leurs proches Ă descendre dans la rue pour empĂŞcher les forces publiques d’accomplir leur travail conformĂ©ment Ă la loi.
Commission d’enquête
Sidi Ifni a vĂ©cu dans la nuit du 6 au 7 juin des Ă©vĂ©nements qui ont bouleversĂ© la ville. Selon les habitants, l’intervention policière a causĂ© beaucoup de dĂ©gâts, aussi bien matĂ©riels, physiques que psychologiques sur les habitants. Les forces de l’ordre se sont introduites jusque dans les maisons dans le but de retrouver les manifestants qui avaient fui. Les photos publiĂ©es par la presse nationale montrent des portes dĂ©foncĂ©es, du mobilier dĂ©truit…
Les tĂ©moignages des habitants font Ă©tat de la douleur physique et psychologique de la population. L’extrĂŞme violence des forces de l’ordre et le pillage auquel beaucoup se seraient adonnĂ©s dans les maisons (tĂ©lĂ©phones, bijoux, argent…) ne sont pas prĂŞts d’ĂŞtre oubliĂ©s.
Pour tirer tout cela au clair, une commission d’enquĂŞte parlementaire chargĂ©e de recueillir les informations relatives Ă ces Ă©vĂ©nements vient d’être constituĂ©e. “La commission entamera son travail dans les plus brefs dĂ©lais”, selon la prĂ©sidence du Parlement.
En attendant les dĂ©putĂ©s, l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme (OMDH) et la FĂ©dĂ©ration Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) devraient ouvrir aujourd’hui une enquĂŞte concernant ces Ă©vĂ©nements. “Elle concernera deux points principaux: la gestion des manifestations de la part des autoritĂ©s publiques et l’analyse du mouvement de protestation sociale”, avait dĂ©clarĂ© Ă aufait Amina Bouayach, PrĂ©sidente de l’OMDH.


